Le nouveau quartier monégasque de Mareterra est dominé par un imposant vaisseau amiral, semblant flotter à plusieurs mètres au-dessus du sol sur ses pilotis, le Renzo, signé Renzo Piano (Renzo Piano Building Workshop – RPBW), comprenant seulement 47 résidences, de plain-pied, duplex, triplex et un penthouse quadruplex, répartis sur 17 étages et une surface de 35.000 m2. Un geste architectural fort, de 126 m de long et 71 m de haut, qui semble flotter sur l’eau.
Pour cet imposant bâtiment, l’architecte a choisi un vocabulaire qui évoque la mer, un peu comme l’avait fait Paul Delefortrie pour le Musée océanographique un siècle auparavant. Ainsi, la partie située sous l’immeuble, en quelque sorte sa sixième façade, évoque la coque de métal d’un bateau, d’un bleu très clair, qui s’appuie sur de grands poteaux obliques, un peu comme un bateau sur ses bers dans un chantier naval (dry dock). Ces poteaux donnent à l’ensemble une impression de flottement, et depuis la voie rapide du Larvotto (la dorsale), la vue sur la mer n’est pas obstruée par le bâtiment, résultat d’un savant calcul ! Et les deux extrémités du bâtiment font penser à la poupe d’un bateau.
Les halls d’entrée transparents sont ornés d’œuvres d’art (Fernand Léger, Alexander Calder).
Les escaliers de secours se terminent par une passerelle levée, comme sur un navire !
Quant aux parties vitrées, elles représentent environ les deux tiers des façades, et donnent au Renzo un effet de transparence, à l’exception du premier étage, où des hublots rappellent ceux des bateaux. Les garde-corps en verre ajoutent à cette transparence.
L’immeuble est divisé en deux parties distinctes, le Renzo 1 et le Renzo 2, offrant une perspective vertigineuse lorsque l’on se trouve entre les deux…
Sur le toit, les grands mâts rappellent également ceux des navires : 30 m de haut, 40 cm à leur base, et seulement 10 cm à leur extrémité. Le toit est également pourvu de 700 m2 (2x350) de panneaux photovoltaïques pour la production d’électricité, destinée à l’éclairage des parties communes. Bref, une prouesse technique, et un bâtiment iconique !
Et comme au Larvotto, et devant le Centre G. Pompidou à Paris, on peut voir dans les deux grandes cheminées blanches près du Renzo, qui abritent des évents, sur la promenade Prince Jacques, la signature de Renzo Piano.
L’une des stars de l’architecture contemporaine, Renzo Piano, né à Gênes en 1937, est l’auteur de nombreux bâtiments emblématiques, comme le Centre Pompidou à Paris (1977, co-signé avec Richard Rogers), le gratte-ciel surnommé The Shard (l’éclat de verre) à Londres (2013), le nouveau Palais de Justice de Paris (2018), ou bien encore le nouveau pont autoroutier de Gênes (2020). Prix Pritzker en 1998.
Richard Rogers et Renzo Piano devant le Centre Georges Pompidou à Paris © MARTIN BUREAU/AFP/AFP/Getty Images.
Renzo Piano © ERIC FEFERBERG/AFP/AFP/Getty Images.
Le point de vue du guide-conférencier : La photo de la page d’accueil de ce site Internet, le miroir d’eau du Renzo dont la couleur change avec celle de la mer et des façades. Mareterra est l’une des visites guidées que je propose, réalisée à plusieurs reprises pour des groupes d’architectes venus du monde entier, et pour l’Institut du Patrimoine de la Principauté.
Crédit Photos : Philippe Borsarelli